Côte d'Ivoire/ Police de l'Université: L'Etat déclare le projet mort né

Par 2cminfo.net - Côte d'Ivoire, Police de l'Université. L'Etat déclare le projet mort né.

Côte d'Ivoire, Police de l'Université. L'Etat déclare le projet mort né.

Depuis des jours, la police universitaire, une unité créée en grande pompe par l’Etat de Côte d’Ivoire, pour parer, en premier lieu, à toute éventualité sur les campus universitaires, est en grève pour réclamer un statut clair lié à sa fonction. Une manifestation de protestation a eu lieu à la place de République le … et a été violemment réprimée par les forces de l’ordre et plusieurs arrestations ont été opérées parmi les manifestants. Nous avons rencontré M. Diezon Kmondé Dezhat, titulaire d'un Master 2 en gestion stratégique des ressources humaines et porte-parole national de la police universitaire.

2cminfo.net : M. Diezon Kmondé Dezhat, depuis quand la police universitaire a été mise en place ?

DKD : La police universitaire existe depuis le 13 mars 2013.

2cminfo.net : Sur quelle base a été fait le recrutement des différents éléments qui composent cette unité?

DKD : Le recrutement a été fait sur la base d'un diplôme minimum qui est le baccalauréat (BAC), assorti d'autres conditions telles qu'être de nationalité ivoirienne, de bonne probité moralité. Puis s'en est suivi un test psychotechnique et deux semaines de formation et d'autres formations continues

2cminfo.net : L'Etat vous a-t-il situé sur votre statut?

DKD : Depuis que nous avons été recrutés, nous ne sommes pas situés sur notre statut. Par contre, il nous a été dit que la police universitaire est un projet de l'État de Côte d'Ivoire. A cet effet, il fallait d'abord se faire accepter sur l'espace universitaire, après quoi, ce projet rentrerait dans sa phase active. Nous avions fait trois (3) mois d'observation, pendant lesquels le projet pilote s'est déroulé avec succès. Il faut dire que la police universitaire est arrivée dans une période difficile. En effet, nous sortions de la crise de 2010 où il y avait plusieurs forces présentes sur les campus ainsi que les syndicats estudiantins. A Bouaké, il y a des syndicats qui sont nés dans la crise et qui sont difficiles à contrôler. Malgré cela, la police universitaire a pu ramener la sécurité et la paix sur les campus. Et chaque fois que nous posons le problème de notre statut, nos responsables sont renvoyés sans préavis.

2cminfo.net : Etant donné que la question de votre statut n'est pas bien définie, est-ce que vous recevez un salaire ?

DKD : Il faut dire que nous ne recevons pas de salaire. Depuis la mise en place de la police universitaire, du premier responsable jusqu'au dernier agent, chacun reçoit une prime de 100 mille qui a été suspendue il y a trois mois du fait de la grève.

2cminfo.net : Après 2013, y a-t-il eu d’autres recrutements ?

DKD : Après le succès de la phase pilote, il y a eu un second recrutement en 2014, pour renforcer les effectifs. Malgré cela, le programme n'a pas changé. Il était convenu qu’à la phase pilote, le temps de service serait de 24 h et 24 h de repos. C'était le sacrifice à consentir pour le démarrage du projet. Malheureusement, ce programme n'a pas changé.

2cminfo.net : Est-ce possible de déterminer le nombre des agents de police universitaire ?

DKD : Officiellement, il a été déclaré que la police universitaire compte 1500 agents. Mais lorsque nous avons fait l'enregistrement des agents, nous avons constaté que nous sommes 600 sur toute l'étendue du territoire.

2cminfo.net : Après la manifestation du 03 octobre à la place de la République, est-ce qu'une décision vous concernant a été prise puisque avez été arrêtés et libérés

DKD : Il y a eu une seule décision, le retrait de nos tenues de travail. Le préfet de police nous a dit devant le directeur général de la police universitaire et son adjoint que n'importe qui ne peut porter l'enseigne "Orange-Blanc-Vert'' sur sa tenue. C'est seulement ceux qui sont reconnus par l'État qui peuvent porter cette enseigne.

Mieux, il m’a dit, lors de mon audition en présence de nos deux patrons, que nous n’avons pas le droit de porter ces tenues parce que nos responsables affirment que nous sommes des vigiles. Je lui ai demandé s'il voyait en face de lui des vigiles ou des agents de la police universitaire. Il m'a répondu que nos responsables disent que nous sommes des vigiles et qu'il fallait l'admettre. J'ai dit OK. C’est d'ailleurs l'une nos revendications parce que nous n'avons pas été recrutés pour être des vigiles, mais plutôt des agents de la police universitaire.

Si on nous dit aujourd'hui que nous sommes des vigiles, cela veut dire du coup que la base est fausse. Séance tenante, le Préfet de police me montre un document dans lequel il est que le projet de la police universitaire est un projet mort-né. Je lui ai fait savoir que ce projet mort-né dont il parle a eu son baptême à Bouaké, puisque le lancement officiel de la police universitaire a été fait dans cette ville, en présence des autorités étatiques, coutumières et religieuses. Jamais il n’a été dit que le projet est mort-né. En plus, quand on travaille avec quelqu'un sur un projet qui est mort-né, il faut le lui dire.

Aussi, si ce projet est mort-né, pourquoi le ministre de l'Intérieur d'alors s’est-il assis à télévision nationale pour dire que l'État a créé la police universitaire, qu’il a trouvé un investissement et ce, au sortir d'un conseil de ministres. Et puis les tenues, nous les portons depuis 2013 et jamais, la police ne nous a arrêté pour dire que nous ne sommes pas habilités à les porter, jusqu'à ce que nous soyons déshabillés à la préfecture de police suite à la grève. Il y a forcément quelque chose qui ne tourne pas rond.

2cminfo.net : Avec qui étiez-vous en contact pour vos problèmes, quand l'on sait que vous n'avez pas de statut, vu qu'on ne sait pas sous la tutelle de quel ministère vous travaillez ?

DKD : Justement, nous avons posé la question et il n'y a pas eu de réponse. Nous avons eu une rencontre avec le directeur adjoint de notre structure, le 07 août dernier et quand nous lui avons demandé sous quel ministère nous travaillons, il n'a pas trouvé de réponse. Il s'est juste débarrassé en disant nous ne sommes pas obligés d'être rattachés à un ministère. Ce qui est révoltant, à la table de séance ce jour-là, il y avait un avocat et un conseiller juridique.

2cminfo.net : Après l'entretien que vous avez eu avec le Préfet de police, d’autres personnes vous ont-elles contactés?

DKD : (Rire). Non. Aucune autorité ne nous a contactés?

2cminfo.net : Certains de vos agents sont-ils encore à leur poste?

DKD : Oui. Nous assurons le service minimum. Et nous avons envoyé une mission chez le préfet de police qui nous a retiré nos tenues. Puisque nous avons le droit de grève, nous devons alors assurer le service minimum, or nous ne pouvons le faire en civil. Nous lui avons envoyé la mission pour qu'il prenne l'engagement de suspendre le service minimum et nous rendons compte aux universités ou alors qu'il nous remette les tenues.

2cminfo.net : Qui est le directeur de la police universitaire ?

DKD : Par abus de langage nous disons que c'est M. Salif Ouédraogo parce que lors de notre dernière rencontre, il s'est présenté comme le secrétaire général de la Société d’infrastructures modernes pour le développement de la Côte d’Ivoire (SIMDCI) et quand nous avons demandé où se trouvait le directeur général de la police universitaire, il a répondu qu'il ne sait pas.

Mais nous avons compris sa démarche. Il a déjà affirmé dans des documents que le projet de la police universitaire était mort-né, donc il ne pouvait pas se présenter comme le père d'un mort-né. Sinon dans l'organigramme qui nous a été donné, la direction se présente comme suit :

-Président Directeur général : Sidi Mohamed Kagnassi

-Directeur général : M. Salif Ouédraogo

-Directeur général adjoint : M.Yéo Amédé N.

Il faut noter que M. Sidi Kagnassi est par ailleurs directeur de SIMDCI et c'est cette entreprise qui a réhabilité les universités à 111 milliards FCFA à l'issue d'un marché de gré à gré.

Nous faisons savoir également que c'est la SIMDCI qui gère la police universitaire à sa guise. Quand nous avons vu le cahier de charges de la police universitaire, le salaire minimum par agent est de 200 mille FCFA, mais jamais un agent n'a reçu plus de 100 mille.

2cminfo.net : Est-ce que vous avez un syndicat ?

DKD : Non nous n'avons ni syndicat, ni délégués parce que selon eux, nous sommes une police et la police ne doit pas avoir de syndicat.

2cminfo.net : Quel est votre mot de fin ?

DKD : Nous voulons connaitre notre statut. Nous ne sommes pas allés à l'Université en tant qu'agents d'une boite de sécurité privée, nous allons continuer la grève jusqu'à ce que nous soyons situés sur notre sort.

Propos recueillis par 2cminfo.net

Commentaires

salif ouedraogo, pauvre Côte d'Ivoire ! Ce n'est que la suite logique des choses ! Ivoiriens réveillons-nous ! Je crie à l'unissons, sinon, nous allons disparaitre !

Mon frere c'est ça tu ne connais pas , toutes les sociétés qui font nos routes sont pour les burkinabés. Toutes les terres qui sont aux abords de l'autoroute du nord à partir du Pk 24 jusqu'àu Pk 34 sont achetées par les burkinabés en occurrence la famille de Blaise compaoré. Tout ceci avec la complicité de AGEF (agence de gestion foncière) et les chefs du village . La CÔTE D'IVOIRE est devenue la propriété des étrangers. Au burkina , un simple lot meme pour construire ne se vend pas à un étrangers.

On avait prévenu. Ces gens sont venus pour s'enrichir coûte que coûte.tout est magouille dans le pays.