Menace de "l'Etat islamique": ce nouveau déterminisme géostratégique des relations internationales, Par Dapa Donacien (Rediffusion)

IvoireBusiness/ Débats et Opinions - Menace de "l'Etat islamique": ce nouveau déterminisme géostratégique des relations internationales, Par Dapa Donacien.

Dapa Donacien, sortant du Parlement Fédéral du Canada, à Ottawa (la capitale).

Il y'a à peine deux ans, Vladimir Poutine ressemblait à un solitaire isolé et perdu dans la "communauté internationale".

Deux ans après, il n'aura son salut que par son engagement sans faille contre les embryons de l'état islamique que, curieusement, l’Amérique et l'Europe n'ont pas vu venir. Qui l'aurait cru ? Ceci pour comprendre que ni les américains, ni les européens n'ont la science infuse.

En moins de deux ans, la menace de l'Etat islamique est devenue le défi majeur auquel est confrontée la planète entière.

En Afrique, pour ceux qui ne l'ont pas encore compris, cet enjeu dépasse, aux yeux des dirigeants de la planète, les préoccupations classiques liées à la Démocratie. Ceux qui ne l'ont pas encore cerné devraient se mettre à jour afin de mieux cerner les enjeux géostratégiques de notre temps.

Le président Français François Hollande après avoir "gonflé ses muscles" en décembre dernier à Dakar en faveur des

principes démocratiques, a dû rapidement baisser pavillon face à cette nouvelle menace universelle (le djihadisme).

Le président Français a pris toute la mesure de la menace, lorsqu'il a vu,(étreint par l'immense douleur), verser des larmes par un président africain,accouru au secours de la France à la suite de l’assassinat de quelques 17 humoristes de Charlie Hebdo. Depuis ce jour, François Hollande a sans doute compris que la démocratie meurtrière en Afrique cause moins de peine aux africains que le Djihadisme au nom duquel des émules français de l’État islamique ont tué d'autres français.

Notre François qui porte le nom de la Hollande sans être hollandais, a freiné ses ardeurs sur le continent africain pour toute question autre que le containment du djihadisme.

L'ayant compris, le président Français donne carte blanche au Président Idriss Déby du Tchad pour jouer les gendarme sur le continent, peu importe la nature du rapport de ce dernier avec la démocratie.

Le contexte international orienté vers l’installation des remparts contre les tentacules de l'état islamique dicte et régule la géopolitique internationale.

L’Amérique de Barack Obama essaie de rattraper son retard dans la lutte par rapport à la Russie de Vladimir Poutine. S'il est indéniable qu'en Europe et au Moyen orient, le leadership de Vladimir Poutine est indéniable dans cette lutte, l’Amérique entend contrer l’État islamique en Afrique de l'Ouest.

Au Nigeria, les USA ont dû subtilement accompagner, sans en donner l'air, le changement du leadership à la tête du pays. Un ancien général d'armée à la place de celui qui a toujours compté sur la chance, comme son nom l'indique.

La récente élection présidentielle en Côte d'Ivoire a été l'occasion pour les analystes politiques ivoiriens de mesurer et d'entrevoir le degré d'engagement des USA en Côte d'Ivoire au niveau de la sécurité et de la défense nationales.

Si l'on en croit à un organe de presse internationale (La Lettre du Continent), l'ancien ambassadeur Lanon Walker, à la retraite, serait pressenti pour coordonner depuis la présidence de la république ivoirienne, la stratégie nationale en matière de sécurité et de renseignements.

Si nous-nous abstenons de toute interprétation politicienne, et sans être forcement dans le secret des dieux, l'on pourrait dire que ce choix pourrait avoir un lien avec la menace de l'Etat Islamique dont les ramifications se sont signalées en Afrique de l'Ouest notamment au Mali, sans compter la branche nigériane, anciennement connue sous le nom de Boko Haram, baptisée dorénavant "Etat islamique en Afrique de l'ouest".

S'il est de bon aloi d'applaudir ce regain d’intérêt pour la lutte contre les assauts djihadistes et tout ce qui ressemble comme tel contre notre pays, il reste à souhaiter que l'implication des services et experts américains à la présidence ivoirienne soit le moins visible et la plus discrete possible. Une présence ostentatoire des américains au sommet de l'Etat ivoirien pourrait créer l'effet contraire, à savoir, placer la côte d'ivoire dans le champ de mire des djihadistes. Plutôt que cette présence soit dissuasive (objectif recherché), il est fort à craindre que les combattants de l’Etat islamique ( les ex soldats de Kadhafi en Lybie),veuillent prendre leur revanche contre les américains en territoire ivoirien.

Attention au mystère de l'aigle libyen auquel l’Amérique aurait enlevé des plumes après lui avoir tourné le dos;

lequel "aigle libyen tourne au dessus de la Côte d’Ivoire cherchant comment l’atteindre".

Au total,l'on peut retenir que pour des intérêts géostratégiques, propre aux USA et surtout à la SÉCURITÉ INTERNATIONALE, les américains semblent s'inviter en Côte d'Ivoire.

Souhaitons tout simplement qu'en prêtant son territoire au services et aux "securocrates americains" en guise de tour de contrôle pour la sécurité internationale, la Côte d'Ivoire ne se place point sur le champ de tire des djihadistes ou de l'Etat islamique.

Au vu de ce risque encouru par la Côte d'Ivoire, ne faudrait-il pas étudier et envisager une contrepartie au bénéfice de la Côte d'Ivoire?

Pour que l'on nous comprenne bien, prenons le cas d'un pylône ou d'une antenne relais implantée juste à côté d'une agglomération.

La compagnie de téléphonie a laquelle appartient ce pylône peut-elle prétexter de ce que l'antenne améliorerait la qualité d'écoute des riverains pour se soustraire à ses obligations de les indemniser ? Non. L'indemnisation est versée en raison du risque continuellement encouru du fait de la présence du pylône.

Ceci, pour conclure en retenant que, la forte présence américaine dans un endroit du monde est un couteau à double tranchant:globalement bénéfique pour l'Etat accueillant, mais peut attirer des ennuis à cet Etat, car de tout temps, partout où se trouvent des intérêts américains, abondent les tentations djihadistes.

Réflexion datant du Vendredi 30 octobre 2015 14h1, bien avant les attaques s.

Une contribution de Dapa Donacien

dapadonacien@yahoo.fr