LA GRANDE INTERVIEW DE "LE TEMPS": SORO, 10 COM’ZONES, IMPUNITÉ. CHRISTIAN VABÉ DIT TOUT. CE QUE HOLLANDE EXIGE DE OUATTARA

Le 25 mars 2013 par LE TEMPS - OUATTARA EST UN DICTATEUR QUI DOIT RENDRE LE TABLIER.

LE TEMPS: Monsieur Vabé Christian, votre nom revient souvent dans des activités politiques en Europe et vous êtes très actifs sur internet, beaucoup de nos lecteurs qui ne visitent pas votre site ont hâte de savoir qui vous êtes.

CHRISTIAN VABE: Je suis Christian Vabé, président du Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire Alternative Crédible (RPCI-AC). Je suis le fondateur d’IvoireBusiness, le premier site ivoirien et panafricain, qui est devenu la première porte d’entrée sur la Côte d’Ivoire.-------------------------

Il n’y a pas longtemps vous publiiez une déclaration politique, dites-nous, quel est votre parti politique et de quel bord peut-on vous situer ?

Le Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire Alternative Crédible est une formation politique du centre gauche, qui est aujourd’hui la véritable opposition au régime du docteur Alassane Dramane Ouattara. Car aujourd’hui règne une dictature en Côte d’Ivoire. Le régime Ouattara s’est taillé une opposition sur mesure, qui lui obéit au doigt et à l’œil. Le chef de l’Etat est encore un chef de guerre qui passe son temps à traquer et à extrader ses opposants.
Tout cela n’intéresse pas les ivoiriens qui veulent qu’on résolve leurs problèmes de cherté de la vie, de flambé des prix, d’insécurité, de santé, de chômage, d’éducation, d’avenir de leurs enfants, et de rémunération du fruit de leur travail. En somme, les ivoiriens veulent qu’on passe à autre chose. Ils veulent une nouvelle alternative crédible, et non la perpétuation de la guerre des pères Gbagbo-Bédié-Ouattara. Le RPCI est cette nouvelle Alternative crédible dont les ivoiriens ont besoin.
Nous sommes les seuls à pouvoir réconcilier les ivoiriens, qu’ils soient du SUD, du Nord, de l’Est, de l’Ouest, du Centre, et sans considération de leur origine ethnique et de leur religion.
Nous sommes au RPCI-AC prêts à nous réconcilier avec les criminels, car il est urgent de stopper le cycle infernal de haine et de vengeance qui anime nos dirigeants actuels.
Aujourd’hui, seul le RPCI-AC dénonce la dictature Ouattara, les violations des droits de l’homme, l’impunité dont jouissent les FRCI l’armée du régime, l’existence de camps de concentration, les prisons remplies de prisonniers politiques, les assassinats à caractère politique et ethnique, tel que le massacre des Wê le 20 juillet 2012 au Camp de Nahibly à Duekoué.

D’aucuns disent que vous en faites un peu trop quand vous publiez les images de vous et du président français François Hollande ensemble. Est-ce de la publicité pour faire du m’as-tu vu ? Ou est-vous réellement engagé dans la politique et proche du chef d’Etat français?

Je n’ai jamais fait du m’as-tu vu de ma vie, pour la simple raison que ça ne fait pas partie de mon éducation. Les ivoiriens me connaissent, car lorsqu’il n’y a avait plus de journaux au lendemain de la chute de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, j’étais-là pour les consoler et leur apporter l’information vraie avec IvoireBusiness dont j’ai été le directeur général et dont je reste le Fondateur. Mon engagement en politique s’est fait naturellement. Je ne suis pas une génération spontanée. Les ivoiriens peuvent savoir ce que j’ai fait vingt en arrière. Je suis également fidèle en amitié et ce n’est pas parce qu’un ami est devenu Président de la République ou gangster que je vais le renier. Je suis un ami du Président François Hollande, bien avant qu’il n’accède à la magistrature suprême. Ce n’est pas parce qu’il est devenu Président que je vais le renier. Il n’honore de son amitié, et j’ai la chance d’être reçu par lui et de lui passer directement mes messages. Mais ça s’arrête-là. Je ne prends pas mes ordres de lui. Il n’est d’ailleurs pas le seul que je connais au sommet de l’Etat français. Je suis ami à l’honorable Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale française, et à plusieurs ministres français actuels ou passés.

A ce jour par quelle activité peut-on vous identifier : activiste pro-Gbagbo ou leader d’un parti politique ?

Je suis le leader du RPCI-AC, la vraie opposition ivoirienne en exil, car c’est le règne de la dictature en Côte d’Ivoire. Et en pareille cas, la vraie opposition se trouve en exil. C’était d’ailleurs le cas du Général De Gaulle sous l’occupation. Le RPCI-AC n’est pas encore un parti politique car les militants ne l’ont pas encore décidés. Le moment venu, ils se prononceront. C’est donc la principale force politique d’opposition au régime Ouattara.
Je ne suis pas du FPI. Je l’ai dit à plusieurs reprises sur des chaînes internationales, car le FPI est une opposition taillée sur mesure par Ouattara. Je me suis toujours battu contre l’injustice et contre l’arbitraire.

Quelle est votre part dans la vague de mobilisation autour du Président Laurent Gbagbo?

Le RPCI-AC est la seule formation politique au monde à avoir exigé la libération de Laurent Gbagbo, lorsque la procureure Fatou Bensouda a fait du FAUX en l’accusant de crimes commis au Kenya. De même, le RPCI-AC est la seule formation politique à avoir exigé que l’Elysée clarifie sa position sur le cas de Laurent Gbagbo.
Et lorsque nous avions été reçus à l’Elysée, preuves à l’appui, nous avons demandé la libération du Président Laurent Gbagbo. Car si l’Elysée veut qu’on libère Gbagbo, il le sera du fait que la CPI est un tribunal politique.

Quel sentiment vous laisse l’audience de la Cpi, notamment la prestation du Président Laurent Gbagbo?

L’audience de confirmation ou d’infirmation des charges de Laurent Gbagbo à la CPI, a permis au monde entier de voir que le dossier d’accusation contre lui était extrêmement vide. La procureure Fatou Bensouda n’avait aucune preuve des accusations portées contre Laurent Gbagbo. Elle n’a menée aucune enquête, si bien qu’elle était obligée de fabriquer de fausses preuves. D’où les fausses preuves contre Gbagbo provenant des violences post-électorales du Kenya.
Le Président Laurent Gbagbo a lui fait une déclaration qui appelait à la paix et à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire. Il n’avait pas de haine ni de vengeance en lui, et c’est à mettre à son crédit.

La Cpi vient de refuser la liberté provisoire au leader panafricain Laurent Gbagbo, quelle impression ce refus vous laisse : Révolte, surprise, indignation, ou alors vous attendiez-vous à cela ?

La liberté provisoire récemment refusée à Laurent Gbagbo fait partie de la procédure. Car il faut savoir que chaque 120 jours, la CPI examine si des éléments nouveaux permettent de libérer un prévenu. Mais avec l’audience du 19 au 28 février dernier, c’est clair que la CPI n’a pas d’autre choix que de libérer Laurent Gbagbo. Car elle ce n’est même pas sa crédibilité qu’elle joue, mais plutôt sa survie en tant qu’institution internationale.

Ivoirien vivant en France depuis de longues années, quel regard pouvez-vous porter sur la marche de la Côte d’Ivoire ces trois dernières années après la chute du Président Laurent Gbagbo ?

La Côte d’Ivoire est actuellement en faillite. Et tous les domaines sont touchés : C’est actuellement le règne de la mauvaise gouvernance, de la dictature, de la violation des droits de l’homme, de l’impunité, de l’insécurité, du rattrapage ethnique, de la haine et de la vengeance, etc…
Je ne dirai pas qu’au temps de Gbagbo tout allait bien. Il y avait aussi beaucoup de choses qui n’allaient pas. Mais le Président Gbagbo avait la volonté d’apporter une solution aux problèmes des ivoiriens. Alors qu’Alassane Ouattara n’a pas cette volonté là ; Il se fiche éperdument de ce qui arrive aux ivoiriens. C’est pourquoi il doit rendre le tablier car le pays n’est pas dirigé. Rien ne l’émeut. Absolument rien. Il n’aime pas la Côte d’Ivoire et les ivoiriens. C’est la raison pour laquelle nous exigeons sa démission et l’organisation d’élections anticipées.

Voilà bientôt deux ans que le régime Ouattara gère la Côte d’Ivoire, quelle lecture faites-vous de la situation, commençons par l’économie ?

L’économie ivoirienne est sinistrée. Les emplois sont détruits à une vitesse vertigineuse sur la base de considérations ethniques et politiques. Et en retour, aucune création d’emplois nouveaux. Le chômage des jeunes atteint des niveaux records. L’argent s’est raréfié comme jamais. Le chef de l’Etat affirme que l’argent travail. C’est une injure aux économistes les plus brillants.
La croissance de 8% déclarée en 2012 par le régime Ouattara est une croissance purement virtuelle, à caractère cosmétique. Elle ne reflète pas la réalité, car le panier de la ménagère est désespérément vide. On parle même de sachet de la ménagère. C’est le règne de la cherté de la vie. La croissance de 9% annoncée pour 2013 sera tout aussi virtuelle. La Côte d’Ivoire est en faillite économique. Ironie du sort, elle est dirigée par un économiste.

Selon vous M. Ouattara tient-il ses promesses électorales, relativement à la création d’emplois ?

Aucune promesse électorale du candidat Ouattara n’a jusqu’ici été tenue. L’administration ne recrute plus depuis son arrivée au pouvoir. Plusieurs promotions de jeunes policiers, gendarmes, de l’ENA, d’employés et cadres de la santé, n’ont pas été affectés après leur formation. Certains même ont vu leurs diplômes annulés.
Idem pour le secteur informel ; Beaucoup de jeunes qui se débrouillaient dans ce secteur ont été interdits d’activité sans contrepartie. On se rappelle les émeutes d’Abobo et la destruction de la rue princesse.

Début 2012, la Confédération générale des entreprises privées et la Chambre de commerce faisaient chacune le bilan des emplois détruits. 120.000 pour la Confédération, 80.000 emplois détruits pour la Chambre. Selon vous Ouattara a-t-il les moyens et les ressources qui susciter de réels espoirs ?

Avec Ouattara, c’est le règne du bling bling et des effets d’annonce sans lendemain.
Tout le monde le sait, les caisses de l’Etat sont désespérément vides. C’est la raison pour laquelle, il passe son temps à voyager à l’étranger pour rechercher des fonds. Les bailleurs lui posent des conditionnalités qu’il ne veut pas remplir. Il préfère se venger et extrader ses opposants. Alassane Ouattara est peut-être le seul économiste au monde qui ne sait pas que développement et prospérité riment avec paix sociale, démocratie, bonne gouvernance et réconciliation nationale. Sa doctrine à lui, c’est développement et croissance dans la guerre, la vengeance, et l’affrontement. Avec lui, la Côte d’Ivoire est tout droit dans le mur.

Ce triste bilan pourrait avoir évolué du fait des renvois collectifs constatés après et ceux qui s’annoncent dans la Fonction publique. Court-on vers une catastrophe sociale ?

Les syndicats qui au début avaient peur de revendiquer leurs droits les plus élémentaires, ont fini par se réveiller, car ils n’avaient plus le choix. Mieux vaut pour eux mourir que de vivre dans la misère et la pauvreté, avec des arriérés constants de salaires.
Aucun syndicat du reste ne peut accepter le licenciement arbitraire de ses membres, et la réduction de leurs salaires sans concertation préalables.
Nous courrons donc inévitablement vers une catastrophe sociale, avec à la clé, des morts d’hommes, car le gouvernement réprime systématiquement dans le sang, toute manifestation.

En plus il y a l’augmentation des prix des denrées de grande consommation et les tarifs d’électricité. Pensez-vous comme certains, que la Côte d’Ivoire ne s’en sortira jamais avec Ouattara au pouvoir ?

Même les plus OPTIMISTES ont compris depuis longtemps que la côte d’Ivoire est pieds et mains dans le mur. Sinon comment comprendre qu’alors que les salaires sont en baisse ou ne sont pas versés, les prix des denrées de première nécessité flambent : Sucre, riz, pain, lait, transport, essence, gaz, viande, poisson, pétrole, etc…Rien n’est épargné.
Les syndicats des consommateurs ont depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme. Mais le gouvernement augmente les prix sans même prendre la peine de les informer. Nous sommes dans un état voyou, où il n’y a aucune règle et où le gouvernement est en faillite. Il n’y a plus de raisons d’espérer avec ce régime. C’est la faillite généralisée, et aucun secteur n’est épargné.
Il faut d’urgence un électrochoc : Il faut organiser dans les plus brefs délais, les Etats généraux de la Consommation pour trouver une solution durable à la flambée des prix.
Avec autour de la table, Etat, syndicats, Association de Consommateurs, Commercants, et entreprises.

Au-delà de la sécurité alimentaire disons sociale, il y a le problème de l’insécurité créée par les Frci et les Dozos. Quelles sont vos analyses et quelles solutions préconisez-vous pour y remédier ?

Nous exigeons la dissolution des FRCI, des Dozos, et des milices, après qu’ils aient été désarmés. C’est le minimum que nous puissions exiger, car ces deux entités se sont illustrées de la pire des façons, en tuant, volant, violant, en toute impunité. Aujourd’hui, on assiste à la faillite sécuritaire de l’Etat. Le pays vie dans l’insécurité la plus totale. Et ceux qui sont chargés de protéger les biens et les personnes sont ceux-là même qui commettent des crimes.
Nous préconisons la création d’une armée nouvelle républicaine, avec ses codes d’éthique et d’honneur. Nous proposons le retour aux forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) qui devront s’illustrer avec rigueur et discipline, et le réarmement de la police et de la gendarmerie. Car ce sont-elles seules qui ont le droit de posséder les armes en Côte d’Ivoire, pour protéger les biens et les personnes.

Il ne se passe plus de semaine sans qu’il n’y ait agression à main armée : des individus puissamment armés s’attaquent aux paisibles citoyens. Il y a les cas du Dg de l’école de police, le Dg de l’école nationale supérieure en seulement 72 heures, puis tout dernièrement l’épouse du Dg de la Sicta a été abattue…
Le Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire Alternative Crédible (RPCI-AC) condamne avec la dernière énergie, les tentatives quotidiennes d’assassinat ciblées de citoyens en Côte d’Ivoire, et les récentes tentatives d’assassinat manquées de deux hauts dignitaires du régime Ouattara, à savoir les directeurs généraux de l’Ecole de police et de l’Ecole normale supérieure (ENS).
Le RPCI-AC DECLARE LA FAILLITE SÉCURITAIRE DE L’ETAT.
LE RPCI-AC INVITE AVEC INSISTANCE LE GOUVERNEMENT A RÉGLER UNE BONNE FOIS POUR TOUTES, LE PROBLÈME DE L’INSECURITE EN CÔTE D’IVOIRE.
Le RPCI - AC exige la démission du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur HAMED BAKAYOKO, pour incompétence grave, car il a montré son incapacité à protéger les ivoiriens et leurs biens, trop préoccupé qu’il est, à faire extrader ses adversaires politiques en Côte d’Ivoire.
Le RPCI-AC exige la dissolution des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).
Le RPCI-AC exige la démission du général Soumaïla Bakayoko, chef d’Etat-major des Forces républicaines de Côte d’Ivoire.

La question du Foncier rural ressurgit, notamment à l’ouest de la Côte d’Ivoire où l’on assiste désespérément à des colonies de peuplement venues du Burkina Faso, du Mali et de Guinée. Selon vous qu’est-ce qui fait que les autorités ivoiriennes ne réagissent pas face à l’occupation illicite des terres, des forêts classées et l’expropriation des populations Wê, Dan et Yacouba de l’ouest ?

Seul un régime en faillite, complice, et incompétent peut rester sourd à la détresse de son peuple. Tout se passe comme si le régime Ouattara avait décidé de faire la part belle aux étrangers venus du Burkina, du Mali, et de la Guinée, en les autorisant à exproprier les ivoiriens de leurs terres. C’est la conséquence de l’alliance du régime Ouattara avec les étrangers et les seigneurs de guerre venus du Burkina voisin et du Mali.
La Côte d’Ivoire vit au rythme de ces derniers, qui se sont partagé le pays en coupe réglée. C’est ainsi que le seigneur de guerre Amadé Ouremi règne en maître absolu sur les terres de des Wê et des Dan de l’Ouest, précisément sur le Mont Peko.
Le régime Ouattara leur doit des primes de guerre qu’il ne peut pas payer, car les caisses de l’Etat sont désespérément vides. Ces derniers ont alors décidé de se payer sur la bête en annexant les terres des ivoiriens. Et le régime semble leur accorder sa bienveillance, en voulant même changer la loi sur le foncier rural.
Le RPCI-AC dit non a l’annexion des terres des ivoiriens par les étrangers, et non au changement de la loi sur le foncier rural, car la terre, comme dans tous les pays au monde, appartient aux autochtones, et non aux allogènes. Le RPCI-AC exige le départ de tous les seigneurs de guerre de toutes les forêts ivoiriennes, et le retour des autochtones sur leurs terres.
Les étrangers peuvent travailler sur les terres des ivoiriens, mais jamais, ils ne peuvent en être les propriétaires.

Plusieurs Rapports des organismes de défense des droits de l’homme dénoncent le Gouvernement de Côte d’Ivoire dans ses dérives totalitaires. Selon vous, pourquoi la France si prompte à faire la guerre pour « instaurer la démocratie » et à faire « respecter les droits humains » assiste-t-elle le régime Ouattara sans réagir au point de susciter des colères dans l’opposition française, notamment de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon ?

Le RPCI-AC a été la seule formation politique à dénoncer le mutisme insistant de la France devant les graves violations des droits de l’homme en côte d’Ivoire, la dictature Ouattara, et l’élimination physique d’opposants ou de populations sur la base ethnique et tribale. Nous l’avons dit directement au Président François Hollande et à la face du monde, sur plusieurs internationales. Ce qui a poussé Le Canard Enchaîné, le Monde, Marine Le Pen, et Jean Luc Melenchon, à dénoncer la dictature Ouattara et le mutisme du Président de la République française François Hollande.
Même si les pays n’ont pas d’amis, mais des intérêts, l’intérêt de la France selon nous, c’est le respect des droits de l’homme, la fin des assassinats politiques, et restauration de la démocratie et de l’Etat de droit en côte d’Ivoire. Nous l’avons dit au Président de la République François Hollande, qui a pris bonne note.
Message selon nous bien reçu par l’Elysée, puisque la Conseillère Afrique de François Hollande, Hélène Le Gal était récemment à Abidjan pour exiger la Coopération pleine et entière du régime d’Abidjan concernant la plainte en France de Michel Gbagbo contre Guillaume Soro et dix de ses chefs de guerre.

Dans l’opinion nationale et même internationale, le Parti socialiste de François Hollande s’est compromis avec le régime Ouattara, raison pour laquelle les nouvelles autorités françaises ferment les yeux sur les violations en Côte d’Ivoire. Partagez-vous cet avis ?

C’est vrai que certains membres influents du parti socialiste français ont des relations étroites avec le régime Ouattara. Je peux citer le ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius, et l’ancien directeur général du FMI, Dominique StraussKahn.
Cela a pu parfois influencer la position du parti socialiste français. Mais aujourd’hui, nous sommes à l’heure du recadrage, et la position du parti socialiste vis-à-vis du régime Ouattara a beaucoup évolué. Nous sommes passés en France de Ouattara démocrate vainqueur face à Gbagbo, à Ouattara dictateur qui viole les droits de l’homme, et dont les FRCI baignent dans l’impunité. C’est une avancée majeure.

La France, l’actualité le démontre, n’abandonne jamais ses citoyens. A quoi vous fait penser le cas Michel Gbagbo, ce citoyen français aux mains des anciens rebelles ivoiriens au pouvoir dans l’indifférence totale de l’Elysée et au grand désarroi de la mère de Michel Gbagbo une Française ?

C’est une aberration qui est aujourd’hui en passe d’être corrigée, puisque la plainte déposée par Michel Gbagbo en France contre Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée nationale, et dix de ses chefs de guerre, a été jugée recevable. Et madame Le Gal était en Côte d’Ivoire pour demander la coopération du régime d’Abidjan dans ce dossier. Une Commission rogatoire internationale sera bientôt délivrée par Paris à Abidjan, suivie de la venue d’un juge français pour interroger les accusés. Il me semble que le tort causé à Michel Gbagbo est en train d’être réparé.

Le Président Laurent Gbagbo en prison, comment entrevoyez-vous la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire ?

J’ai été le seul leader politique à demander la libération de Laurent Gbagbo à la CPI pour absence de preuves, et pour faux et usage de faux par la procureure Fatou Bensouda.
J’ai ensuite demandé l’ouverture d’un dialogue direct GBAGBO-OUATTARA en Afrique du Sud, avec comme médiateur, la présidente de la Commission de l’Union africaine, madame Nkosazana Dlamini-Zuma. J’espère être entendu.

La Côte d’Ivoire peut-elle se réconcilier un jour quand on sait l’actualité avec les tueries des Frci, des Dozos et la politique d’injustice dite « Rattrapage ethnique » initiée par le régime Ouattara ?

Le RPCI-AC est le seul mouvement politique à être sincère quand il parle de réconciliation. Pour les autres, c’est encore un slogan. Et tant qu’il en sera ainsi, la Côte d’Ivoire ne pourra pas se réconcilier avec elle-même et la politique de rattrapage ethnique continuera de prospérer.
C’est pourquoi, je propose autre chose aux ivoiriens. La fin de la haine et de la vengeance car les ivoiriens ne sont plus intéressés par la guerre des pères Gbagbo-Bedié-Ouattara. Je suis à conduire les ivoiriens vers d’autres horizons plus cléments, à m’occuper d’eux et de leurs problèmes quotidiens, et à les réconcilier où qu’ils soient, et d’où qu’ils viennent. Car Gbagbo, Bedié, et Ouattara passeront. Mais la Côte d’Ivoire restera. C’est notre bien commun, notre dénominateur commun, et nous devons y veiller comme sur la prunelle de nos yeux.

L’on assiste à Abidjan à une vague de visite des chefs d’Etats Africains. Pour les Ivoiriens si Ouattara ne voyage pas, c’est qu’il reçoit ses homologues. En fait il est toujours dans la mondanité au lieu de s’occuper des vrais problèmes du pays…

Les voyages quasi-journaliers du chef de l’Etat commencent à faire beaucoup de bruit en Afrique comme en Europe. L’opinion est surpris de voir un dirigeant ivoirien qui est constamment en voyage, sauf auprès de son peuple. Les dirigeants du monde se demandent à quel moment il s’occupe des problèmes de son pays. Et tous ces voyages se font avec l’argent du contribuable ivoirien, sans que cela apporte quelque chose aux ivoiriens.
Pour le RPCI-AC, c’est la preuve qu’il fuit les ivoiriens car il n’a aucune solution à leurs problèmes.

Votre mot de fin …

J’invite toutes les ivoiriennes et tous les ivoiriens, à rejoindre le RPCI-AC, car c’est la vraie opposition au régime Ouattara, et la seule alternative crédible à la politique actuelle de haine et de vengeance. Nous proposons de nous occuper des ivoiriens et de leurs problèmes, notamment de la flambée des prix, du chômage, de l’insécurité, et non des assassinats, de l’extradition et de la haine d’opposants.
Nous proposons de réconcilier les ivoiriens en mettant fin au cycle haine-vengeance, et non de les diviser par le rattrapage ethnique et tribal, et le bradage de leurs terres aux étrangers.
Nous invitons tous les ivoiriens modérés, tous les déçus du RDR de Ouattara, tous les déçus du PDCI d’Henri Konan Bedié, et tous les déçus du FPI de Miaka Ouretto, à nous rejoindre afin que nous reconstruisions la Côte d’Ivoire.

Propos recueillis par Simplice Allard