Economie: Mobilisation pour demander la fin du franc CFA en Afrique

Par RFI - Mobilisation pour demander la fin du franc CFA en Afrique.

Le franc CFA a été créé en 1945 et concerne quinze pays africains. © Getty Images/Bloomberg / Contributeur.

A Abidjan, Bamako, Bruxelles, Dakar, Kinshasa, mais aussi Londres, Ouagadougou ou encore Paris, des rassemblements, des manifestations ou des conférences se sont tenus ce samedi 7 janvier. Un appel mondial a été lancé pour demander la fin du franc CFA, monnaie créée en 1945, arrimée à l'euro, et jugée colonialiste.

Selon les organisateurs de cette journée, le franc CFA est une survivance des colonies françaises d’Afrique et constitue une servitude monétaire à laquelle il est temps de mettre un terme.

Créé le 26 décembre 1945, le franc CFA rassemble les pays de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) et ceux de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) plus les Comores. Au total quinze pays disposant d'une monnaie commune reliée par une parité fixe au franc français jusqu'en 1999. Depuis, le franc CFA est arrimé à la monnaie unique européenne.

Or, c'est bien ce dont se plaignent les détracteurs du CFA. Il assure bien une stabilité financière aux pays de la zone. Mais, en revanche, il les prive de toute possibilité d'ajustement de politique monétaire. Dont celle de procéder à des dévaluations compétitives pour doper les exportations. Par ailleurs, le haut niveau de l'euro place la zone CFA dans une position souvent défavorable par rapport aux autres pays africains.

« A bas le franc CFA ! A bas le colonialisme ! »

A Dakar, le rassemblement s’est tenu place de l'Obélisque. « A bas le franc CFA ! A bas le colonialisme ! » Militants, activistes, politiques, 300 personnes se sont mobilisées ce samedi.

Malick Diouf, artiste, se revendique panafricain. Pour lui, le franc CFA est une honte. « Moi, j’ai honte du sigle franc CFA parce que c’est comme si on était toujours colonisés. Des groupes d’entreprises dans d’autres pays créent leur propre monnaie. Aujourd’hui, l’Afrique ne devrait pas accepter de fonctionner avec le franc CFA ! » lance-t-il.

Mamadou Ba se présente comme un Sénégalais lambda. Mais ce jeune homme a lu Sankara, Lumumba ou encore Ben Barka. Il souhaite désormais mobiliser les classes populaires. « Personne ne viendra nous aider. C’est à nous de mener le combat et d’enterrer une bonne fois pour tout cette monnaie. Pour cela, il faut que l’Afrique s’unisse pour qu’on puisse frapper notre propre monnaie et aller de l’avant », estime-t-il.

Contre le Franc CFA, contre également les accords de partenariats économiques (APE) entre l'Europe et les Etats de la Cédéao. Car ils vont détruire une économie déjà fragile, estime Guy Marius Sagna, du collectif « Non au APE ». « 75% des marchandises en provenance de l’Union européenne ne payant plus de droits de douane, cela veut dire que le chômage va exploser, ça veut dire qu’on va passer de 16 Sénégalais par jour qui traversent la Méditerranée à beaucoup plus », alerte-t-il.

Si les thématiques sont fortes, sont liées à l’économie et au développement, les militants et les acteurs politiques ont néanmoins beaucoup de difficultés à mobiliser la population autour de ces problématiques.

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Commentaires

Cette monnaie coloniale et tous les accords infentilisants qui s'y rattachent doivent sans delai etre purement et simplement abandonnes. Je constate avec tristesse qu'il se trouve encore des africains n'ayant pas compris que la monnaie, bien plus que le drapeau d'un pays, est un symbole de souverainete. Comment peut on se developper quand on n'est pas souverain, le colon n'etant pas la pour le benefice du colonise mais pour le sien propre? On a entendu ces dernieres annees certains prendre leurs reves pour de la realite en clamant a profusion "emergence ci, emergence ca", oubliant qu'il n'y a pas un seul example de pays dans le monde qui ait emerge sous colonisation, sans souverainete, sans monnaie propre, sans politique economique librement decidee en fonctions de ses besoins economiques et financiers conjoncturels. Certains evoquent la stabilite qu'apporterait le FCFA, sous entendant que cette pretentendu stabilite vaudrait plus que la quasi interdiction que nous avons d'aller nous meme vendre nos produits sur le marche, qu'elle justifierait que plus de 60% de nos revenus a l'exportation restent dans ces fameux comptes d'operation que la France nous obligent a avoir aupres de son tresor publique sans que nous ne sachions ce que devient cet argent. Je voudrais que ces defenseurs du FCFA me disent s'ils pensent en leur ame et conscience, s'ils en ont, que la Coree du sud aurait pu devenir la puissance qu'elle est aujourd'hui si elle avait eu a operer dans le systeme impose aux pays utilisateurs du FCFA. Leurs arguments ne sont ni plus ni moins que les pleurs d'individus en manque de confiance criard, de gens ayant peur de perdre quelques privileges insignifiants au regard de la dignite de leurs peuples. Leurs arguments ne sont ni plu ni moins que l'expression du pourrissement avance de leur conscience civique. Les africains sont aujourd'hui a meme de prendre leur destin en main et il faut que l'on les prennent au serieux. Le temps de leur infantilisation est revolu. Le cordon ombilical avec le systeme colonial francais qui n'a que trop perdure doit etre rompu ici et maintenant. Mais ne nous y trompons pas, notre liberte ne nous sera pas offerte sur un plateau d'or. Un combat est necessaire et ce combat la, ce ne sont pas les elites corompues qui le meneront. Ce sont les peuples qui devront le mener. Alors debout, peuples d'Afrique! reveillez-vous de votre torpeur trop longtemps entretenue et battez-vous pour vos droits trop longtemps bafoues.