Côte d'Ivoire: Laurent Gbagbo n'exclut pas un retour en politique s'il est acquitté

Par RFI - Côte d'Ivoire. Laurent Gbagbo n'exclut pas un retour en politique s'il est acquitté.

Le Président Laurent Gbagbo assiste à l'audience de confirmation des charges devant la Cour pénale internationale à La Haye, le 19 février 2013. © REUTERS/ Michael Kooren.

Dans un livre co-écrit avec le journaliste François Mattei, «Libre. Pour la vérité et la justice» (éditions Max Millo), l'ancien chef de l'Etat ivoirien fait quelques confidences sur sa vision de son avenir. Persuadé qu'il sera acquitté par la Cour pénale internationale d'ici début 2019, il évoque son retour au village et n'écarte pas de revenir sur le devant de la scène.
« Mon ambition, c'est de revenir chez moi en Côte d'Ivoire », confie à François Mattei l'ancien président ivoirien, qui espère être acquitté par la CPI d'ici le début de l'année prochaine.

« J'ai réservé une maison pour m'accueillir. J'ai déjà fait acheter des matelas pour remplacer ceux que l'on m'a volés dans ma petite maison du village », dit-il en parlant sans doute de son village natal de Mama, près de Gagnoa, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire.

A la question : « A la fin de votre procès, avez-vous le projet de redevenir président en 2020 ? », Laurent Gbagbo répond : « Il n'est pas indispensable d'être président pour faire de la politique et se rendre utile. La Côte d'Ivoire, l'Afrique, c'est ma vie, et je serai toujours concerné par leur destin. Pour m'empêcher de rentrer chez moi, sont-ils prêts à l'illégalité ? »

Bref, s'il est acquitté, comme l'espèrent ouvertement ses avocats, Laurent Gbagbo entend bien rentrer en Côte d'Ivoire et n'exclut pas de se présenter à la présidentielle de 2020.

Dans ce livre-entretien, qui est en fait la version augmentée et actualisée d'un précédent ouvrage paru en 2014, l'ancien président de Côte d'Ivoire égratigne quelques figures politiques africaines qui sont, à ses yeux, trop proches de la France post-coloniale. Du Burkinabè Blaise Compaoré, il dit : « Le temps est venu de construire enfin nos indépendances dans nos pays d'Afrique francophone (...). Il y a aujourd'hui une opinion publique en Afrique. Au Burkina Faso, Blaise Compaoré a été chassé par son peuple. » Et du Gabonais Ali Bongo, il écrit : « Je dérangeais les Français parce que j'étais populaire. Qu'ils s'occupent d'Ali Bongo, qui n'est rien, même dans son propre pays. (...) Ali Bongo, c'est le profil qu'ils aiment, et c'est une erreur à moyen et long terme. »

■ Une audience sur la libérabilité de Gbagbo et Blé Goudé

La chambre d'instruction doit se pencher demain, jeudi 13 décembre, en audience à huis clos sur le maintien en détention de l'ex-président ivoirien Laurent Gabgbo et de l'ancien leader des Jeunes patriotes Charles Blé Goudé. Ces deux responsables politiques, poursuivis pour crimes contre l'humanité, sont détenus dans la prison de Scheveningen, depuis respectivement 2011 et 2014.

Fadi el Abdallah, le porte-parole de la CPI, explique les tenants de cette audience.

L'audience sera tenue en vue d'entendre les parties et les participants ainsi que des représentants du greffe de la Cour sur les questions notamment du maintien en détention, de sa pertinence ou éventuellement les modalités d'une mise en liberté provisoire avec ou sans condition. Le principe, c'est la liberté des personnes, surtout que tout accusé est présumé innocent sauf s'il y a une décision de conviction par la suite. Toute détention doit être justifiée. [...] Les parties peuvent éventuellement interjeter appel contre la décision [des juges].
Fadi el Abdallah
12-12-2018 - Par Bineta Diagne

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