Présidentielle 2020 : Gervais Coulibaly appelle au dialogue et à un report

Par Notre voie - Présidentielle 2020. Gervais Coulibaly appelle au dialogue et à un report.

Gervais Coulibaly, président du CAP-UDD (à gauche) et sa vice-présidente.

Gervais Coulibaly-Delinpelna, président du Cap Unir pour la Démocratie et le Développement (CAP-UDD) est pour un report des élections présidentielles pour favoriser le dialogue entre le pouvoir et l’opposition « même si ça doit nous prendre un an ».

« J’invite le Président de la République, à ouvrir le dialogue, avec la classe politique et la société civile, pendant qu’il en est encore temps, afin de trouver une plateforme d’accord, qui nous évitera la grave crise post-électorale que nous voyons tous poindre à l’horizon », a conseillé Gervais Coulibaly, au cours d’une conférence de presse à l’hôtel BelleCôtes à Cocody Les Rosiers.

Alors que sur la radio anglaise la BBC, ce matin, Sidi Tiémoko Touré, Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement écartait toute idée de report des élections arguant qu’il n’y a pas de « crise des Institutions ivoiriennes » et que les échanges « un peu vifs entre acteurs politiques sont normaux en période électorale ».

Pour le président du CAP-UDD, il vaut mieux proposer le dialogue dès maintenant car, est-il convaincu, « nous finirons de toutes les façons par le dialogue, alors évitons des destructions de biens publics et privés, des blessés, des prisonniers et même des pertes en vie humaines et discutons ».

L’ancien porte-parole de Laurent Gbagbo, pense que le pouvoir ne doit pas s’accrocher au « fétichisme des dates ». En effet, il estime que même s’il est bien de respecter le délai constitutionnel des élections, « à quoi ça sert de respecter le 31 octobre, si le 1, 2 ou le 3 novembre, personne ne peut sortir d’Abidjan, parce qu’il y a des casses ? » s’est-il demandé.

Interrogé sur ce que peut être le contenu du dialogue politique qu’il prône entre le pouvoir et l’opposition, Gervais Coulibaly propose que ce dialogue porte sur tous les points de désaccord : CEI, Conseil Constitutionnel, retrait des noms de Gbagbo et Soro de la liste électorale et la question de leur candidature… L’objectif étant d’arriver à la mise en place « d’institutions qui soient solides dans lesquelles chacun aura un peu confiance ».

Pour lui, si le RHDP croit en la CEI, en face, toute l’opposition dit « nous n’avons pas confiance en la CEI. Toute l’opposition dit, après la déclaration du 14 septembre, nous n’avons pas confiance au Conseil Constitutionnel. Comment voulez-vous qu’on aille aux élections dans ces conditions ? » Dans ces conditions, a-t-il déduit, à la fin de ces élections, les résultats que vont proclamer la CEI et validés par la suite par le Conseil Constitutionnel ne seront pas reconnu par l’opposition « Tout le monde voit qu’on va à une crise. Arrêtons-nous », a-t-il conseillé.

Est-ce que le dialogue politique proposé le CAP-UDD peut entrainer une transition ? « Je ne sais pas si ça va entrainer une transition. On peut dialoguer en évitant une transition. Ou encore, on peut dialoguer en allant dans une transition. Pour moi, l’essentiel, c’est la Côte d’Ivoire. Il faut tout faire pour que des Ivoiriens ne soient plus obligés de s’exiler », a-t-il répondu.

Gervais Coulibaly et son parti entendent rencontrer les autorités gouvernementales « pour essayer de faire passer notre message en espérant qu’on va nous entendre ».

Coulibaly Zié Oumar