Gbagbo/Blé Goudé: les juges de la CPI détaillent les motifs de l'acquittement

Par RFI - Gbagbo/Blé Goudé. Les juges de la CPI détaillent les motifs de l'acquittement.

Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale, 15 janvier 2019. © © AFP/Issouf Sanogo.

Par RFI Publié le 17-07-2019 Modifié le 17-07-2019 à 10:16

Les juges de la CPI ont remis leurs motivations écrites sur l’acquittement prononcé il y a six mois en faveur de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Les magistrats démontent, point par point, les poursuites contre l'ancien président ivoirien et l'ex-chef des Jeunes patriotes pour crimes contre l’humanité commis en 2010 à la suite de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire.
Les juges évoquent tout d’abord la « déconnexion globale » entre le récit de l’accusation et les preuves apportées au dossier, y compris les témoignages entendus au cours du procès débuté en janvier 2016. Deux des trois magistrats estiment que la thèse du procureur reposait « sur des bases incertaines et douteuses », « un récit manichéen et simpliste d’une Côte d’Ivoire décrite par le procureur comme une société polarisée » entre les militants pro-Gbagbo et les partisans d’Alassane Ouattara, les deux candidats en lice à la présidentielle de novembre 2010.

Pour les deux juges qui ont prononcé l’acquittement, auquel s’oppose la troisième juge, aucun crime contre l’humanité n’a été commis par Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, c’est-à-dire qu’aucune politique visant à attaquer des civils de manière généralisée et systématique - c’est la définition du crime contre l’humanité - n’a été mise en œuvre.

Les sites de crimes tous réfutés

Au cours du procès, le procureur avait évoqué plusieurs sites de crimes censés démontrer la responsabilité de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. La marche sur la Radio-Télévision ivoirienne organisée au début de la crise, en décembre 2010, au cours de laquelle au moins 87 personnes avaient été tuées, avait bien été interdite par Laurent Gbagbo, estiment les juges. Mais aucune des preuves de l’accusation ne démontre que l’ex-président aurait donné l’ordre de réprimer les manifestants. Selon leurs conclusions, les forces ivoiriennes devaient protéger la RTI, mais ne visaient pas la population civile - et si des violences ont été commises par des soldats, elles ne relèvent pas de crimes contre l’humanité.

Concernant les crimes commis à Yopougon en février 2011, le procureur avançait que Charles Blé Goudé aurait prononcé un discours incitant ses partisans à la violence. Mais se basant sur les preuves, les juges estiment que les violences, récurrentes dans ce quartier, avaient débuté avant l’arrivée du leader des Jeunes patriotes sur les lieux.

Sur la répression d’une marche organisée par des femmes à Abobo, début mars 2011, les preuves n’ont pas permis aux juges de dire si ce sont des soldats qui ont tué les 13 victimes. Enfin, sur les tirs à l’arme lourde sur le quartier, quinze jours plus tard, ils estiment que l’armée s’opposait au Commando invisible et non à des civils.

Le dernier incident retenu par le procureur date du 12 avril. Mais Laurent Gbagbo avait été arrêté la veille des faits, dans la résidence présidentielle. Quant à Charles Blé Goudé, il se cachait depuis plusieurs jours.

Des forces ivoiriennes en position défensive, selon les magistrats

Les magistrats trinidadien et italien estiment que les preuves montrent que les forces ivoiriennes étaient en position défensive, soumises à une guérilla urbaine et opposées à de multiples acteurs. Parmi eux, le Commando invisible, sur lequel le procureur avait choisi de faire l’impasse, croyant affaiblir sa thèse.

Ils s’interrogent aussi sur les forces en présence : la rébellion des Forces nouvelles prête à s’emparer d’Abidjan, l’armée française et enfin la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci), qui aurait pu paraître partiale. Pour eux, Laurent Gbagbo n’avait pas le contrôle de la situation. Et aucun élément du dossier ne montre qu’il aurait mis en place un commandement parallèle au sein de ses forces dans l’objectif de cibler les civils favorables à Alassane Ouattara, comme l’avait affirmé le procureur au cours des trois années de procès.

Pour les deux acquittés, une liberté sous conditions

La procureure dispose d’un mois pour décider si elle fait appel ou non, mais a demandé un délai supplémentaire jusqu’au 10 octobre. La chambre d’appel ne s’est pas encore prononcée sur ce point.

Les deux acquittés ont été libérés le 1er février, mais leur liberté est assortie de conditions, dont celle d’obtenir l’autorisation expresse de la Cour s’ils veulent pouvoir se déplacer en Côte d’Ivoire ou ailleurs. Laurent Gbagbo se trouve à Bruxelles. Quant à Charles Blé Goudé, il réside toujours à La Haye, dans un appartement, car aucun État n’a accepté de le recevoir sur la base du principe selon lequel aucune condition ne peut s’imposer à une personne acquittée.

Aujourd’hui, l’honneur du président est lavé.

Bernard Houdin, représentant de Laurent Gbagbo
17-07-2019 - Par Michel Arseneault

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Commentaires

Ne sommes nous pas dans les dispositions de retour de l'âge de la pierre polie à la celui de la pierre taillée. attendons pour voir. qui vivra verra. Voilà plus de 30 ans qu'il nous a été parachuté et imposé. A l'époque, sa simple silhouette rassurait et enthousiamait toute la classe politique car porteur d'espoir pour juguler une conjoncture économique imposée à Houphouët Boigny par jalousie de ses choix de développement économique et social; et dans l'optique de freiner une machine ivoirienne de développement qui faisait peur l'occident car pouvant servir d'exemple aux pays de la sous région pour sortie de la pauvreté.
Mais le temps, comme le dit un digne fils de ce pays, étant l'autre nom de Dieu, a fini par révéler ce que vaut l'homme en réalité. Un piètre économiste en perte de vitesse, un prestidigitateur criminel de surcroît, concepteur d'un plan de rattrapage ethnique qui a foulé au pied les principes élémentaires des droit de l'Homme et qui fait l'apologie de la médiocrité pour se donner de la contenance. Malheur à celui que mal est pris de se retrouver dans son sillage. Menaces de toutes sortes, empoisonnement, atteinte à l'intégrité physique et morale, intimidations, que sais-je encore? font partie de la stratégie déroulée pour museler un peuple qui ne demande que le minimum pour vivre sur un sol que son Dieu lui a octroyé et avec pour complice d'une communauté internationale pieuvre buveuse de sang, adepte de la violence......Mais que fait l'ONU dans tout çà, une organisation pourrie et terroriste dont les puissance occidentales se servent pour contrer les velleités des autres nations.
Le concept de mondialisation créé pour s'emparer de manière astucieuse de nos ressources est la nouvelle forme de colonisation et brimade de nos peuples et pour y résister la montée en puissance du club des insoumis doit être encouragé et entretenu. C'est la seule porte de sortie qui nous reste.

BRAVO À PAPA ET À CHARLES !
Je me réjouis que les Défenses de PAPA et de CHARLES ont brillamment réussi à démontrer la vacuité des dossiers fabriqués de l'Accusation contre nos deux parents politiques.
Et aujourd'hui les juges confirment sur la base d'un argumentaire juridique raisonnablement irréfutable, cette vacuité.
Les choses sont désormais claires : alassane dramane ouattara, sa sale et dégueulasse dominique, et la crapule sarkozy, ces mal élevés donc, qui sont nés du Diable et qui retourneront au Diable, ont menti devant Dieu et les hommes de bonne volonté à l'encontre de PAPA et CHARLES.
Dès lors, ceux qui pour des raisons personnelles ou simplement de frustration, pour des raisons politiques, pour des raisons de rancoeur et de rancune, établissent des raisonnements illogiques d'accusation contre les célèbres ACQUITTÉS de l'Haye, pensant ainsi fournir des armes à l'ennemi contre nos parents politiques, doivent se raviser. Sinon, l'Histoire les condamnera, le Peuple les vomira, et la Terre Ivoirienne les rejettera pour toujours.
Rendons grâce à Dieu pour avoir exaucé nos prières, malgré nos faiblesses.
NB : PAPA GBAGBO, il y a des choses que je me permets de te reprocher :
1 - tu as un type d'entourage familial qui est manifestement mauvais, qui t'oblige à faire des choses contre ta volonté.
2 - tu as aussi un type de relation politique de ton entourage qui t'amène à accepter des choses qui ne relèvent pas de la logique de ta conscience.
3 - ces deux types d'entourage profitent de ta faiblesse du moment pour t'imposer leurs volontés, que ta conscience d'homme politique rejette en vérité en totalité. Et tu le dis si bien à certains de tes visiteurs.
4 - la naturalisation de alassane dramane ouattara en octobre 2005, ta trituration de la Loi fondamentale pour lui permettre de prendre " exceptionnellement" part aux présidentielles de 2010.
Ce mal élevé de mossi, sachant qu'il ne ferait guère le poids face à toi, a minutieusement préparé, avec ses soutiens internationaux, une alternative d'accès au pouvoir d'État : la violence armée. Ce qui lui a finalement réussi.
5 - une de tes erreurs a consisté à accepter le non désarmement des mercenaires et rebelles avant les présidentielles de 2010.
À cet égard, les nouvelles qui te parvenaient de tes informateurs au sein de l'armée française n'étaient pas du tout rassurantes.
En effet, selon celles-ci : désarmement ou pas, élection ou pas, l'armée française a reçu des instructions claires du sale et maudit hongrois de te chasser du pouvoir, et placer le mal élevé mossi ouattara dramane alassane à la tête du pays qui a mal fait de l'accueillir.
Historiquement, c'est vrai, tu as retourné l'affaire contre tes ennemis internes et externes, en allant aux élections sans désarmement.
Mais tu pouvais aussi la jouer autrement si tu avais su rallier à ta cause et à celle de ton pays certains grands pays du monde à la technologie militaires très avancées et d'autres : Russie et la Chine ; Cuba, Vietnam, etc.
Ce sont donc ces choses que je te reproche.
PAPA, si tu veux réconcilier les Ivoiriens, que ça passe d'abord par la réconciliation du FPI, que tes soi-disant amis ont divisé.