DIABATE Cheick, Chercheur à l’université de Colorado: LE TROISIEME TOUR DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE

Le 15 décembre 2011 par Correspondance particulière - 11 avril 2011, 11 décembre 2011, cela fait exactement huit (8) mois qu’un coup d’Etat a installé M. OUATTARA au pouvoir en Côte d’Ivoire prétendant avoir gagné le deuxième tour de l’élection présidentielle.

Laurent Gbagbo lors de sa prestation de serment.

Le 15 décembre 2011 par Correspondance particulière - 11 avril 2011, 11 décembre 2011, cela fait exactement huit (8) mois qu’un coup d’Etat a installé M. OUATTARA au pouvoir en Côte d’Ivoire prétendant avoir gagné le deuxième tour de l’élection présidentielle.

En effet, suite à la victoire du Président Laurent GBAGBO au deuxième tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire proclamée par le Conseil Constitutionnel et face au refus de M. OUATTARA de reconnaitre la décision du Conseil Constitutionnel, une crise s’ouvre sur le vrai vainqueur des élections.
Le Président Laurent GBAGBO, convaincu de sa victoire, demande un recomptage des voix.
Contre toute attente, en piétinant avec une légèreté jamais observée la constitution de la république de Côte d’Ivoire, la France de SARKOZY, la CEDEAO et l’ONUCI prennent position pour M. OUATTARA et demande un règlement par la force du conflit.
L’Union Africaine s’interpose et propose une solution négociée de sortie de crise.
La France de SARKOZY, rejetant d’un revers de la main la solution négociée, décide d’installer par la force la « démocratie » avec l’appui de l’ONU.
Depuis le 11 avril 2011, la « démocratie » est installée. Une curieuse démocratie qui a un génocide sur sa tête, une rébellion entre les mains et exécute chaque jour un ivoirien, emprisonne des journalistes, refuse le débat démocratique, réprime les meetings et les manifestations publiques. Une curieuse démocratie qui emprisonne les opposants, gèle leur compte bancaire, occupe leurs maisons et leurs plantations. Une curieuse démocratie qui assure la promotion des criminels, des médiocres et ferme les universités.
C’est dans ce contexte que s’organise les élections législatives, le 11 décembre 2011, censées consacrer le triomphe de la démocratie c'est-à-dire l’adhésion du peuple à la version SARKOZIENNE de la démocratie.
Le peuple de Côte d’Ivoire, détenteur exclusif du pouvoir, comme un seul homme et à plus de 80%, en réponse à l’appel au boycott des élections législatives lancé par les partisans de Laurent GBAGBO,
-rejette le coup d’Etat du 11 avril 2011 par un refus de se présenter aux urnes,
-rejette la démocratie des dozos
-rejette l’appel de M. OUATTARA de se rendre aux urnes et répond à l’appel au boycott des partisans du Président GBAGBO
-condamne la déportation du Président GBAGBO à la HAYE
-condamne l’emprisonnement et l’exil des partisans du Président GBAGBO
-confirme la légitimité et son attachement au Président Laurent GBAGBO, symbole de la démocratie et de la dignité des ivoiriens.
-confirme la victoire du président Laurent GBAGBO sur M. OUATTARA lors du troisième tour des élections présidentielles du 11 décembre 2011. Le recomptage des voix qui a été refusé s’est invité aux élections législatives.
Pris au piège de la vraie démocratie, le pouvoir tente de se justifier en comparant le taux de participation aux législatives de 2000 à celles de 2011 ; or, en 2000 le taux de participation aux élections présidentielles était de 37% contre 81% en 2010. L’appel au boycott des élections législatives par le RDR en 2000 n’a pas beaucoup influencé le taux de participation aux élections législatives qui s’est situé à 33% et même son appel à participation aux élections des conseils généraux de 2001 n’a pas non plus influencé à la hausse le taux de participation qui est au contraire descendu à 28,01%. En 2000, l’appel au boycott ou l’appel à participer lancé par le RDR n’a eu aucune influence significative sur le taux de participation aux différentes élections. Par contre en 2011 l’appel au boycott des partisans du Président GBAGBO a fait passer le taux de participation de 81% aux élections présidentielles à moins de 20% aux élections législatives. Qui dit mieux ?
Attendons de voir comment M. SARKOZY va venir pour installer la vraie démocratie en écartant la fausse.
DIABATE Cheick, Chercheur à l’université de Colorado.
USA