Côte d’Ivoire : Aboudramane Sangaré, de l’ombre à la lumière

Par Jeune Afrique - Côte d’Ivoire. Aboudramane Sangaré, de l’ombre à la lumière.

Laurent Akoun et Aboudramane Sangaré lors de la commémoration de l’arrestation de Gbagbo, le 11 avril 2017, à Abidjan. © Olivier pour JA.

Près de cinquante ans après leur rencontre, Aboudramane Sangaré reste fidèle à l’ex-président. Leader de la branche la plus radicale du FPI, il refuse de voir le parti tourner la page.

Aboudramane Sangaré est un personnage discret qui préfère le silence de sa vaste résidence privée de Cocody aux tumultes des rassemblements publics – il n’a d’ailleurs pas souhaité répondre aux sollicitations de Jeune Afrique. Mais, à 71 ans, cet enseignant titulaire d’un doctorat d’État en droit international public obtenu à l’Institut du droit de la paix et du développement (IDPD) de Nice n’a pas renoncé : ni à obtenir la libération de l’ex-président ivoirien, jugé à La Haye, ni à tenir les rênes du Front populaire ivoirien (FPI, parti d’opposition), dont il se présente comme le président, défiant la branche dirigée par son grand rival, Pascal Affi N’Guessan.

Sa rencontre avec Laurent Gbagbo remonte à 1970, sur le campus de l’université d’Abidjan. Né d’un père musulman malinké d’Odienné (Nord) et d’une mère chrétienne baoulée de Bodokro (Centre), Sangaré est inscrit en deuxième année de droit et Gbagbo poursuit ses études tout en commençant à enseigner l’histoire au lycée classique d’Abidjan. Ils ont un même maître à penser : le professeur Bernard Zadi Zaourou, l’un des premiers opposants à Félix Houphouët-Boigny, qui recrute de jeunes cadres et étudiants de gauche pour former une élite militante contre l’idéologie défendue par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ex-parti unique).

Nous avons traversé la vie ensemble, confie Aboudramane Sangaré
Très vite, Sangaré, timide et effacé, s’attache à Gbagbo, homme vif et au verbe haut. Il ne le quittera plus. « Nous avons traversé la vie ensemble », confie-t‑il un jour à l’un de ses proches. « Le président Laurent Gbagbo l’a dit : “Sangaré, c’est un autre moi-même, c’est mon frère jumeau.” Je crois que c’est flatteur pour moi », répète-t‑il à l’envi à ses visiteurs. L’amitié entre les deux hommes se renforce encore en France, où ils obtiennent leurs doctorats en 1979. Si leurs routes se séparent durant quelques années (de 1982 à 1988, du fait de l’exil de Gbagbo), leurs rapports ne font que se consolider.

Un lien quasi mystique se tisse entre eux, autour de ce que Sangaré appelle « le serment de Strasbourg », une sorte de pacte secret tissé dans l’Hexagone au sein d’un petit noyau de responsables de gauche menés par Zadi. La philosophie du groupe s’inspire de la légende de l’hydre de Lerne, dont la tête amputée se régénère sans cesse. Le postulat est simple. « Si jamais l’un de nous meurt, commente Sangaré dans une interview vidéo enregistrée par l’un de ses proches, celui qui reste en vie doit tout faire pour prendre le pouvoir et changer la Côte d’Ivoire. »

Gbagbo est pris en otage par la communauté internationale à la Cour pénale internationale [CPI], estime Sangaré
Ses détracteurs aiment à rappeler l’engagement qu’il avait pris pour mieux dénoncer son obsession à demeurer dans l’ombre de l’ex-président. « Sangaré refuse de continuer le combat pour le changement en Côte d’Ivoire alors que Gbagbo est tombé », martèle un proche de Pascal Affi N’Guessan, accusé de vouloir tourner cette page au sein du parti. Mais Sangaré a une lecture bien différente de la situation. Il milite ouvertement pour que le mouvement se consacre exclusivement à la lutte en faveur de la libération de celui qui, à ses yeux, « est pris en otage par la communauté internationale à la Cour pénale internationale [CPI] ».

Pour lui, pas de changement possible en Côte d’Ivoire sans Laurent Gbagbo. Droit dans ses bottes militantes, soutenu par certains caciques, celui qui a présidé le congrès constitutif du FPI en novembre 1988 à Dabou, près d’Abidjan, se dresse comme un rempart contre ceux qui ne poursuivent pas le même objectif. « Gbagbo m’a donné son onction comme gardien du temple, souligne-t‑il dans un autre message enregistré. Il a fait de moi l’un des membres fondateurs avec Simone Gbagbo. J’ai quand même les clés de la fondation, je connais les fondamentaux. »

Un radicalisme apprécié

Dans son camp, Sangaré est apprécié pour ce radicalisme. Mais, en coulisses, certains membres de son bureau critiquent sa lenteur dans les prises de décision. « Il n’a pas appris à commander, admet une connaissance de longue date. Toute sa vie, il a été un exécutant, il est donc normal qu’il prenne son temps avant d’arrêter une décision. » Conséquence : la branche du FPI qu’il dirige suit une ligne parfois peu lisible.

En 2015, il avait appelé à boycotter le recensement électoral, mais avait soutenu Charles Konan Banny, alors dissident du PDCI, qui se présentait à la présidentielle. En octobre 2016, il a appelé au « boycott actif » du référendum constitutionnel organisé par Alassane Ouattara. Et voilà que certains, au sein de la mouvance qu’il incarne, n’excluent plus de participer aux élections municipales, voire de présenter un candidat FPI à la présidentielle de 2020.

Le FPI que je connais ne peut pas tourner la page Laurent Gbagbo
« La ligne défendue par Sangaré s’inscrit dans la continuité de la stratégie, faite de duplicité, de Gbagbo », commente un observateur de la vie politique. De fait, lors de la crise postélectorale de 2011, les plans jusqu’au-boutistes de l’ancien président reposaient sur deux personnes : Simone Gbagbo et Sangaré. Arrêté le 11 avril 2011 en compagnie de l’ex-couple présidentiel, ce dernier a été conduit à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), une prison qu’il connaît déjà bien. Entre avril et décembre 1994, il y a séjourné pour « incitation à la violence » dans une série d’articles particulièrement virulents contre le président d’alors, Henri Konan Bédié, et publiés dans le journal officiel et quotidien du FPI, La Voie (devenu Notre Voie), dont il a été le premier directeur de publication.

Finalement, les projets politiques de Sangaré se résument en quelques mots : comme Estragon et Vladimir, qui, sous la plume de Samuel Beckett, attendent obstinément Godot, Sangaré n’en finit pas d’espérer le retour de Gbagbo. Et, comme eux, il se donne des raisons d’y croire. « Le FPI que je connais ne peut pas tourner la page Laurent Gbagbo, répète-t‑il à son entourage. Il le pourrait si les choses ne s’étaient pas passées ainsi. S’il avait démissionné ou s’il avait quitté le pouvoir sous la pression, alors peut-être que le FPI aurait pu dire que Gbagbo n’était pas le chef qu’il voulait avoir. » L’ancien président de l’Inspection générale d’État, qui aime le théâtre autant que son ami détenu par la CPI, sait pourtant qu’à la fin Godot n’est jamais venu.

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Commentaires

Le Gardien du Temple. Fidèle parmi les fidèles de Gbagbo. La force des convictions et non la conviction du ventre comme Affi N'guessan.
Président Sangaré, avec toi, le FPI est devenu plus fort que jamais et se prépare à reconquérir le pouvoir en 2020.

Affi est toujours couche ds les filets ou le message boribana de l'animal politique l'a envoye.
Toujours rien apres le jet d'eponge de Mme Monnet contredisant la vraie position du ruse.

On attend Affi il ne se leve toujours pas apres la tentative desesperee de recuperation de l'operation "Gossio chasse aux funerailles" pour vider le FPI de Gbagbo.
Quiconque se mesurera au rocher ramassera ses propres debris.
Si Gbagbo nous avait abandonne pour sauver sa vie, personne ne serait entrain de battre le pave pour lui aujourd'hui depuis 7 ans.
Il est la ou il est pour nous. Pour ce seul fait, nous ne l'abandonneront jamais.
Meme s'il y meurt, ca sera une raison de plus pour eterniser son combat.
Mais mes Josephs reviendront tchoco tchoco car Dieu n'est pas injuste.
C'est qu'il na pas encore fini de les utiliser pour accomplir sa volonte . Rien de plus.

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Le gardien du temple de miss delon, il a vieilli dèh!

Il n'est pas plus vieux que Dramane le boucher de Sindou

Pourquoi le fpi parti xénophobe et raciste dans toutes ses factions n'a pas encore produit un communiqué condamnant l'esclavage en Libye? Même le gardien du temple de miss delon, monsieur toucouleurs, n'a rien dit.

C’est la RDR de Ouattara qui est bien le parti de la haine, du mensonge, qui ressuscite des morts, de la violence, du rattrapage ethnique, des microbes, de la xénophobie, de la corruption, des imposteurs, et de l’injustice.
Le FPI, et tout le monde entier le sait, c’est le parti de la justice, de la vérité, de l’égalité, de l’amour, de la paix, du mérite, de la bonne gouvernance. Rien à avoir avec le RDR, ce parti des microbes qui ressuscite des morts à la Haye comme Camara Fatimata Bintou, témoin de Bensouda qui était morte à Abobo lors de la marche des femmes le 3 mars 201.

Bravetchè, si tu ne sais pas, la vieillesse est un phénomène biologique qui n'épargne aucun être vivant. Je te souhaite une longue vie pour l'apprécie. Mais je doute fort que tu puisses être aussi resplendissant que celui que tu viens d'agresser et peut-être même à cet âge on te trimbalera dans un brancard.

Nous on ne regarde pas des annees.
On regarde ce qui est en toi.
C'est pourquoi Sangare mobilise plus que les eternels jeunes ce qui est determinant en politique.
Si le RDR est si allergique a la vieillesse pourquoi le burkinabe, Gon, Dagri ne veulent pas laisser le jeune Soro emmerger?
Au niveau du RHDP, pourquoi le matouzalem Bedie avec yomo ne veut pas partir se reposer et continue de "discuter" avec son petit fils Soro pour pouvoir ?
Sangui Sangui on l'aime l'aime comme Gbagbo.

Ce sale con qui signe " bave chié " ose interpeller le FPI le traitant de parti xénophobe écrit que le FPI n'a pas publié officiellement de communiqué condamnant ce qui se passe en Libye ... mais ce fumier du RDR ne s'est pas fendu d'un minable poste pour condamner les " mutins qui ont foutu le bordel en début d'année et ont obtenuent pas moins de 45 milliards pour avoir massacré des ivoiriens innocents coupables d'être innocents et ivoiriens "
Alors fumier de bravetché fermes ta sale gueule puante ...