logo

Mesure de suspension du Patriote par le CNP : La vérité est un délit

Le 08 février 2010 par le Patriote - Le CNP a donné un coup d’épée dans l’eau. Ça fait pitié ! Trois jours, ce n’était assurément pas une éternité.

Le Patriote est de retour sur le marché. Si Eugène dieu, pardon Dié Kacou voulait nous bâillonner par son arrêt injuste, il a plutôt fait la publicité de notre journal. Que d’appels, que de visites notre rédaction n’a-t-elle pas reçus, au lendemain de sa décision aux senteurs de l’arbitraire, de l’injustice ! Une décision bien sélective de monsieur « 5x3 » et de son équipe. Un procès sans défense, de type kafkaïen, où l’on nous demandait pratiquement de donner les preuves de notre culpabilité et accepter sans broncher de subir les temps de servitude. L’opinion a bien compris que sur ce coup, le CNP s’est montré comme un conseil instrumentalisé et manipulé, s’il ne prend pas carrément ses ordres au palais présidentiel. Cette sanction expéditive, fait avec une si grande célérité, comme si ses auteurs subissaient une grande pression, a eu le grand mérite de montrer clairement aux Ivoiriens, la partialité et le parti- pris manifeste du CNP dans le paysage médiatique. Qui a vu, avant et ces derniers jours, les titres des journaux du camp présidentiel, s’est vite rendu compte du caractère anachronique de la démarche de l’organe dirigé par Eugène Kacou. Qui affectionne tant, la politique du « deux poids deux mesures ». Il ne régule nullement la presse. Il est là pour servir de garde-chiourme et de cerbère pour épingler les journaux qui ne font pas les louanges et le panégyrique du pouvoir du moment. On en revient à la fameuse boutade de feu Diégou Bailly : « qui paie, commande » ! Le problème avec nos dirigeants du CNP, pompeusement appelés « doyens », c’est de croire qu’ils sont obligés de faire plaisir au palais. L’opinion nationale et internationale a fini par comprendre que ce qu’on reproche au Patriote, c’est d’avoir dit la vérité. Doit-on comprendre avec le CNP que sous la refondation, la vérité est à proscrire ? Qu’apprend- on de nouveau aux Ivoiriens en disant que Blé Goudé Charles a triché à la licence d’anglais ? C’est un secret de polichinelle en Côte d’Ivoire. Sur la question, les archives du journal gouvernemental en notre possession, ne disent pas autre chose. Qui plus est, le Dr Toro Séri, injustement accusé dans cette affaire de « la licence volée », a été radié de l’Université il y a bientôt neuf ans. Notre brave peuple n’est pas devenu subitement amnésique. Quant aux massacres d’octobre 2000 et de mars 2004, les Ivoiriens sont ahuris devant le mépris du CNP, qui a jugé bon de lancer à la cantonade, ces propos si choquants : « la marche était interdite ». Est-ce parce qu’une marche est interdite qu’on doit tuer les marcheurs ? On croirait entendre des militants du FPI. Enfin, c’est tout comme ! Le CNP n’a-t-il pas lu les rapports des organisations des droits de l’homme et de l’ONU qui font porter l’entière responsabilité de ces crimes sur Laurent Gbagbo ? Ce dernier, n’est-il pas le chef suprême de l’Armée ? Le CNP n’a-t-il pas entendu les déclarations de Laurent Gbagbo se réjouissant du sort des manifestants ? N’a-t-il pas dit que si « les gens marchent, l’armée fera son travail ? » Comment le CNP voudrait-il qu’on nomme les pontes du FPI qui réveillent les démons de la division et de l’Ivoirité, en brandissant des Ivoiriens à part entière comme des étrangers ? Ce sont bien des « ivoiritaires » et il est bon de le dire. Dans la lutte contre l’oubli qui peut générer de nouvelles tragédies, comment voudrait-on qu’on qualifie le ministre de l’Intérieur qui a entrepris de changer le mode opératoire sur le contentieux de la liste électorale, en tentant de donner des pouvoirs usurpés aux préfets et sous préfets ? Lui-même n’a-t-il pas avoué sa faute, en prétextant « un dysfonctionnement de ses services » ? Pourquoi le CNP veut-il être plus royaliste que le roi ? Le Patriote a tellement raison, avec les tristes événements qui se déroulent dans nos villes, à cause de l’intrusion de Désiré Tagro dans le processus des élections. Ceux du CNP qui pensaient pouvoir nous intimider et nous inhiber, se trompent lourdement. Au Patriote, nous avons vu des situations pires ! Fidèles à notre ligne, nous continuerons de dénoncer les maladies de la démocratie ivoirienne sous la refondation, nous ne cesserons pas de mettre notre « plume dans les plaies » de la République. Nous dénoncerons, sans gants, la résurgence de l’Ivoirité, la mauvaise gouvernance, la promotion de la médiocrité…. Nous n’accepterons jamais de « mal nommer les choses », pour ne pas en « rajouter aux malheurs » de notre pays. N’en déplaise au CNP, à ses juges et donneurs de leçons! En définitive, la presse attend encore le vrai CNP, celui qui ne « pédale pas dans la choucroute » et qui ne « vole pas au ras des pâquerettes ». Et pour qui, dire la vérité n’est pas un délit.

Bakary Nimaga