Scandale - Côte d'Ivoire: Le Single «Libérez notre président» des artistes ivoiriens à Paris, censuré par le régime

Par Notre Voie - Gadji Céli, leader en exil «Le Burida a refusé de sticker notre disque».

Conduit par Gadji Céli, le Collectif des artistes résistants milite pour la libération du président Laurent Gbagbo à travers un maxi-single sur le marché international.
L’union fait libérer un prisonnier et même plus, estime le Collectif des artistes résistants de
France opposés à la détention arbitraire du président Laurent Gbagbo. Leurs mélodies de douleur
sont portées par un maxi-single bien révélateur intitulé «Libérez notre président» qui vient
de sortir en France mais peut-être jamais en Côte d’Ivoire !
Une maison de disque abidjanaise ayant requis l’anonymat découvre la laideur et la raideur du Bureau ivoirien
du droit d’auteur (Burida).
Elle vient d’essuyer une fin de non recevoir de la part de cette Maison des artistes, alors qu’elle ne lui demandait qu’à faire sticker un maxi-single d’un groupe de ses sociétaires vivant en France ou exilés dans ce pays depuis 2011. Intitulé
«Libérez notre président», cette oeuvre présentée et dédicacée le samedi 1er février 2014, à l’Espace Godillot, à Paris, milite en faveur de la remise en liberté de Laurent Gbagbo. Celui-ci renversé le 11 avril 2011 au sommet de l’Etat de Côte d’Ivoire a été déporté de Korhogo où il était détenu 8 mois, le 29 novembre de la même année, à la Cour pénale internationale de La Haye, aux Pays-Bas. Ceci explique
cela !
«Le Burida a refusé de sticker notre maxi-single «Libérez notre président», sous prétexte que la chanson est trop politique», dénonce par téléphone, Gadji Céli, chef de file du Collectif des artistes résistants, auteur de l’opus. «Je suis surpris. Je peux certifier que nous n’avons reçu aucun support concernant «Libérez notre président» du Collectif des artistes résistants», se défend Jean- Claude Kouadio, chef du département contentieux et lutte contre la piraterie du Burida auquel est rattaché le service sticker, joint hier, par téléphone.
Le front des musiciens résistants est formé de Serges Kassy, François Ken’cy, Abou Galliets, Mahely Ba, Maga Dindin, Pablo Yuwa…et Les Djiz. Ils ont le mérite d’avoir courageusement prêté leur voix à cette
oeuvre dévastatrice arrangée dans un studio de Paris par Freddy Assogba, avec la contribution de Manu Lima.
«J’ai pitié pour mon Burida d’aujourd’hui. C’est la preuve qu’il n’y a plus de liberté d’expression et d’opinion dans mon pays. C’est la preuve que le Burida n’appartient plus à la culture, que les autorités ivoiriennes ont pris en otage notre Maison. C’est un vrai braquage », s’inquiète l’ex-président du Conseil d’administration du Burida
sous le régime Gbagbo.
Si l’on en croit Gadji Céli, ancien capitaine des Eléphants- footballeurs victorieux de la Can sénégalaise de 1992, cette discrimination instaurée au Burida ne peut aucunement se justifier. «Dans le temps, des artistes se sont attaqués au président de la République Laurent Gbagbo. On a critiqué cela. Mais on n’a rien fait d’autre et la vie a continué comme si de rien n’était.
Nous, notre collectif ne demande que la simple libération de notre président Séplou», s’indigne l’auteur de King Solo.
Gadji Céli maintient le cap : «On a entendu parler de Réconciliation en Côte d’Ivoire. Et on estime que dans l’intérêt général du pays, il faut libérer Laurent Gbagbo. On assiste actuellement à des vagues de libération
des pro-Gbagbo, à l’origine accusés de crimes de toutes sortes par le régime ivoirien. Nous, nous disons que dans ce contexte, il faut plutôt libérer le gros poisson Koudou à cause de qui le pouvoir a arrêté tout
le monde. Ça va libérer et apaiser ainsi tous les cœurs de toutes les victimes de cette situation sans précédent.
Nous pensons que le seul acte qui vaille, c’est de libérer notre leader Gbagbo. Surtout qu’il n’y a pas de preuve contre lui pour qu’on le maintienne en prison, surtout qu’on ne nous dit pas qu’il a perdu la présidentielle. Nous sommes donc en train de dire haut ce que les gens pensent tout bas». «La plaie de la Côte d’Ivoire est trop profonde pour que l’on s’amuse à faire de la réconciliation politicienne. Aujourd’hui, il existe des Ivoiriens qui ne font pas de la politique mais ont payé de leur vie et de leur situation dans cette crise postélectorale. Et ceux qui ont la chance de survivre n’ont que des problèmes à résoudre depuis ce chaos. Il faut donc aller à la réconciliation vraie en libérant Laurent Gbagbo et tous les autres prisonniers. Ainsi les cœurs seront apaisés, prêts à pardonner». Jacques Prévert disait : «Un seul oiseau est en cage et la liberté est en
deuil». A méditer, d’après le chanteur révolté. Au dire de Gadji Céli, un
plan promo est concocté par le Collectif afin que chaque citoyen du monde, épris de liberté et de justice, entende son cri de détresse et comprenne son message jusqu’à ce que saute le verrou de la cellule de prison du Woody de Mama. «On ne chante pas seulement l’amour, les plaisirs de la vie. Notre rôle d’artiste, consiste aussi à dénoncer ce qui ne va pas. Nous orientons le peuple, lui donnons une vision des choses qui se présentent à notre société. Ce single est donc notre contribution en tant que leader d’opinion», soutient-il. «Libérez notre président»
est soutenu par un clip conçu et réalisé par l’Ivoirien Axel Roland Illary.
Même si l’album est censuré en Côte d’Ivoire, comme on l’apprend, par le régime Ouattara, il est disponible
par téléchargement sur tous les réseaux sociaux et multimédia. Jusqu’ où ira le pouvoir
pour étouffer, même dans l’oeuf, la voix du président Gbagbo aujourd’hui sans voix ? Pour la démocratie
en Côte d’Ivoire, un des lampadaires du boulevard
de la bonne gouvernance, il faut repasser demain !

Schadé Adédé
schadeci@yahoo.fr

NB: Le titre est de la rédaction.